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Trentenaire, quant à lui, le Zététique, qui s’adresse souvent aux adolescents, s’intéresse aussi parfois aux plus petits. Avec talent et succès. On retrouve donc avec plaisir les deux complices de "Petites furies", spectacle de danse pour tout-petits qui fit fureur. Sur le "Qui vive !", Ornella Venica et Melody Willame jouent au chat et à la souris, ou plutôt au chat de gouttière et de salon. Après un début sensoriel, enroulée dans une couette qui devient vite manteau de princesse, la douce Ornella voit débouler dans son cocon, Melody, toujours en furie. Confrontation et changement de rythme intéressant, entre le blanc et le noir, le calme et l’énergie, le yin et le yang, dans une scénographie inventive et tout en lamelles pailletées de Sarah De Battice.

Derrière ces pas de danse, coups de griffes et rouler-bouler se développe la thématique de la rencontre, de la découverte de l’autre, de la peur et de l’apprivoisement.

Laurence Bertels, La Libre

 

Du théâtre-danse,à l’occasion de Noëlau théâtre au centre culturel. C’était jeudi après-midi avec 130 personnes présentes.

«Je me suis bien amusée parce que le spectacle était chouette!», s’exclame Apolline, ravie. En compagnie de 129 autres personnes, tant des adultes, que des enfants, Apolline a pris part, il y a deux semaines, au spectacle intitulé «Qui vive», joué dans le cadre de Noël au théâtre. Les enfants avaient été placés au premier rang. La scène, elle, montée à même le premier rang. «Depuis que je suis là en tout cas, c’est la première fois que nous avons un spectacle de danse», explique Marc Bouille, chargé de la programmation jeunesse et scolaire. En guise de décor, un rideau languetté de différentes couleurs, ainsi que doré. Avec, sur la scène, Nouche, une jeune fille, qui danse. Cependant, celle-ci n’aime pas le faire toute seule. Surgit alors l’amie inespérée, elle est moitié-fille, moitié-panthère. Alors, elles dansent, ensemble, jusqu’à se crêper le chignon.

Avant même d’être interprété au Centre culturel de Saint-Georges, ce spectacle a rencontré un énorme succès. «Je ne peux pas dire précisément pourquoi mais, ce spectacle a attiré la foule. Toute la matinée de jeudi, mon collègue et moi-même n’avons cessé de répondre au téléphone. Les personnes au bout du fil nous réservaient des places, encore et encore. Malheureusement, nous avons aussi dû refuser entre 50 et 60 spectateurs.» Un deuxième rideau de languettes avait été placé à la sortie de la salle, pour le plus grand plaisir des enfants.

L'Avenir, Huy-Waremme

 

Une fillette se couche dans son lit pour dormir. Le sommeil ne vient pas tout de suite. Lorsqu’il est là, apparaît une créature sauvage : compagne de jeu, rivale de prouesses, confidente des peurs, conteuse d’imaginaire, incitatrice des audaces réprimées.

Dans un décor de rubans noirs suspendus, une gamine en blanc en compagnie de sa couette aussi blanche. C’est le moment du coucher, le début de la nuit. On lutte alors entre la fatigue qui entraîne vers le sommeil et la peur des cauchemars qui tient éveillé.

Le décor permet de jouer au passe-muraille. Une fois la vigilance terrassée par l’assoupissement, les personnages imaginaires s’en donnent à cœur joie. En particulier celui de cette chambre-là, puisque la souplesse des parois laissent apparaître et disparaître des mains. Cela provoque de la peur. Mais aussi éveille la curiosité.

L’enfant se prend au jeu. Elle tente d’attraper ce qu’elle craint. Elle finit par y parvenir et tire alors un personnage étrange, un rien gamine espiègle, un peu animal félin plus panthère que chaton. Commencent les jeux. Provocation, imitation, cache-cache, attaque, défense. Ensuite, apprivoisement, approche tactile, caresse, connivence.

Un décor sonore ponctue les sauts, les reptations, les cumulets, les roulades. Il alterne les passages rapides et les moments plus lents. Il mêle des sons de classiques à des rythmes et des mélodies moins traditionnelles (malheureusement avec des sonorités pas toujours de haute fidélité dans leur qualité de reproduction). L’éclairage s’en mêle apportant aux murs du lieu des coloris insolites, les rendant alternativement translucides et opaques.

Le spectacle ne s’étire pas. S’adresser aux tout petits contraint à n’être pas trop long car leur concentration n’est pas encore adaptée à la durée. Et, à en croire le silences attentif, à voir les regards focalisés vers le plateau des enfants composant le public, le spectacle a atteint son but.

Michel Voiturier, http://www.ruedutheatre.eu