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Chogan comme Oiseau noir

« (…) Silence respecté, en revanche, du côté de "Chogan" du Zététique, un nouveau coup de maître de l'auteur et metteur en scène Luc Dumont qui ne fait que confirmer son talent d'écrivain. Avec sa langue retenue, singulière, pudique et pointue, l'artiste liégeois se penche cette fois sur le destin de la Tzigane Guera menacée d'expulsion. Enfant de la cité, le jeune Bastian, qui se fait appeler "Chogan", comme "Oiseau noir" chez les Indiens Creeks, s'est pris d'amitié pour Guera, tenancière du snack proche de l'école; là où l'on mange des mitraillettes. Celles-ci risquent cependant de bientôt mettre la jeune fille en danger. La Rom disparaît au grand dam de Chogan qui, de planque en échafaudage, la cherche, se révolte et dénonce les dangers du silence. Une belle confrontation, des mots qui sonnent juste et traduisent la personnalité de chacun, une interprétation épatante de Valérieux Joyeux - méconnaissable et confondante en jeune fille tzigane - un Julien Collard brutalement naïf dans son souci de justice ainsi qu'une intelligente exploitation de l'espace font de "Chogan" une des plus belles pièces vues cette année à Huy. Né d'une histoire vraie racontée en ateliers d'écriture, ce récit "d'amourtié" et d'expulsion rappelle en outre que la réalité dépasse souvent la fiction. »

(Laurence Bertels, La Libre Belgique, 22/08/08)

Au pays des enfants perdus

« Pour un public du même âge, Luc Dumont et le Zététique théâtre livrent Chogan où un gamin de 11 ans part à la recherche d’une tenancière de snack venue d’ailleurs et disparue du jour au lendemain. Évoquant la question des réfugiés et des expulsions arbitraires, Chogan nous parle aussi de ces enfants incompris qui s’inventent leur propre monde. Évitant les simplismes qui donnent bonne conscience, Luc Dumont fait ressortir les ambiguïtés de la situation de chacun, les incompréhensions, la manière dont on peut se fourvoyer malgré beaucoup de bonne volonté. Valérie Joyeux et Julien Collard campent les deux personnages de cette histoire avec une belle énergie qui rend ces personnages crédibles et attachants. »

(J-M. Wynants, Le Soir, 25/08/08)